Points retrait aux couleurs des deux enseignes, carte cadeau commune, billetterie…
FNAC et Darty jouent l’effet de groupe.

La mayonnaise FNAC- Darty commence à prendre, à quelques semaines des agapes de Noël. Quatre mois après l’acceptation par l’Autorité de la concurrence de la prise de contrôle de l’enseigne d’électrodomestique, les dirigeants de FNAC commencent à établir les premières synergies commerciales dans les deux réseaux. Pour les synergies de coûts annoncées lors de l’OPA, il faudra attendre la mi-2017 et la nouvelle organisation sur laquelle planchent les quinze groupes de travail paritaires.

Il y a quelques semaines, la nouvelle entité baptisée « FNAC Darty » a ainsi lancé, en toute discrétion, des comptoirs de retrait des commandes effectuées sur Fnac.com dans les magasins Darty de Nation, à Paris, et d’Albi. Une manière de mettre l’offre FNAC à portée des consommateurs n’ayant pas de magasin physique dans leur zone. Ces tests semblent déjà probants. Selon nos informations, les cyberclients FNAC viennent nombreux chez Darty et de 10 à 15 % d’entre eux profitent de leur visite pour acheter un ou deux produits dans les rayons de la maison au contrat de confiance.

D’ici à la fin 2016, 70 points de retrait FNAC seront installés dans des Darty. Et le mouvement s’étendra en 2017. L’inverse n’est pas encore vrai, car il est plus difficile de stocker des congélateurs ou des machines à laver dans une FNAC que des livres ou des CD dans un Darty ! Mais, pour les petits produits d’électroménager ou high-tech, cela pourrait venir.

Cette initiative serait logique quand on sait que Darty est arrivé sur la place de marché de Fnac.com pour bénéficier de l’audience du site, la troisième en France derrière Amazon et Cdiscount. Les livraisons croisées indiquent que le rapprochement des systèmes informatiques et logistiques est déjà avancé.

Synergies « en dur »

Autre synergie commerciale à venir : une carte cadeau aux couleurs de FNAC et de Darty. Dans le même ordre d’idée marketing, le groupe commence à rassembler les deux bases de clients en envoyant des mails pour demander aux personnes enregistrées d’un côté ou de l’autre d’accepter le transfert de leurs coordonnées.

Mais les synergies sont aussi « en dur ». Ainsi, le Darty de Montmartre, à Paris, accueille depuis peu un coin FNAC dédié à la billetterie. A terme, d’autres corners FNAC pourraient voir le jour, offrant, par exemple, les meilleures ventes de livres ou de disques. Déjà, Darty s’est mis à vendre, dans ses rayons cette fois, des jeux vidéo à côté des consoles, avec des packs console-jeu aux deux marques.

A l’inverse, Darty fait bénéficier la FNAC de ses historiques de vente en petit électroménager afin que l’enseigne culturelle optimise l’assortiment de ses espaces de produits design.

Autre synergie possible : la sous-location d’espaces commerciaux à l’enseigne soeur dans des points de vente rendus trop grands par l’e-commerce et la digitalisation. Rue de Rennes, à Paris, la FNAC a déjà concédé son sous-sol à Uniqlo.

Si les synergies commerciales avancent, les synergies de coûts, notamment sur les achats et certains coûts fixes, seront, elles, plus longues à atteindre. Et le PDG, Alexandre Bompard, a promis 130 millions d’euros au marché.

Philippe Bertrand, Les Echos